ÉMOTION : POURQUOI SA BLOQUE ?

Une fois comprises les étapes présentées dans l’article précédent concernant l’accueil des émotions et leur traversée, il reste à les mettre en œuvre.

Car les émotions devancent la réflexion. Sans apprendre à les traverser, on est en permanence ballotté par elles. 

Il arrive qu'à cette phase, vous n'arriviez pas à aller au terme de la résolution de l’émotion. Vous pouvez vivre ce freinage comme un échec.

Ce processus est la marque d’une résistance. 

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Qu’est-ce qui crée cette résistance, pourquoi avons-nous tant de mal à changer ?

Pourquoi avons-nous toujours tendance à répéter les mêmes comportements face aux situations que nous vivons ? 

Je vous propose d'explorer les mécanismes principaux pour vous aider dans votre cheminement.

Dans ce but, il me paraît intéressant de commencer par expliquer ce processus de résistance que tout processus de changement implique, vous aborderez plus sereinement cette étape.

- La résistance au changement

Ce n’est pas facile de lâcher ce à quoi nous sommes habitués.

Pour changer, il faut abandonner l’ancien et donc accepter sa perte.

C’est un vrai processus de deuil, condition nécessaire pour accueillir le nouveau. Pour certains ce processus sera court, ne durera que quelques minutes, pour d'autres ce sera beaucoup plus long et difficile à franchir.

Ce processus est un passage obligé pour espérer vivre sereinement dans l'avenir.

A titre personnel, j’ai souvent vécu cette étape comme angoissante, conserver une habitude bien installée me rassurait. Il m'a donc fallu du temps, gagner en confiance pour accepter ce processus de vie et accueillir une nouvelle manière d’être.

Au fil des années, j'ai rencontré beaucoup de personnes qui portaient comme moi cette peur de l'inconnu et cette crainte de perdre le contrôle. C'est un vrai apprentissage que de lâcher nos repères.

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- Qu'est-ce qu'un mécanisme de défense ? 

Il s'agit d’un mécanisme psychologique inconscient qui vise à échapper ou à réduire des tensions psychiques, : conflit interne, angoisse, peur etc.

Ce mécanisme est une protection mais il est aussi une prison nous barrant le chemin vers nous-même. Ce qui nous pose réellement problème reste caché.

Nous fonctionnons tous avec des mécanismes de défense et ils sont d’ailleurs indispensables pour notre fonctionnement psychique. Ils maintiennent notre équilibre intérieur. Nous les utilisons de façon inconsciente.

Notre organisme s'oriente naturellement vers ce qui nous donne le plus de plaisir.

Il est nécessaire de comprendre leur fonctionnement afin d’éviter qu’ils ne se maintiennent et se cristallisent en produisant des conduites addictives : telles que regarder son portable de façon compulsive, être dans la rumination, le tabac, l'alcool, se mettre dans une bulle et rêvasser etc.

Des mécanismes de défense trop rigides empêchent l’évolution harmonieuse de la personnalité.

- Pourquoi est-il si difficile de changer ? 

Nous l’avons vu, le changement est le passage d’un état à un autre.

Cela implique, une phase de déséquilibre et la construction d’un nouvel équilibre. Je vous propose de mettre en lumière certains éléments qui rendent cette étape délicate :

1) Le manque de clarté sur ce que nous désirons

2) les habitudes et automatismes

3) La peur

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1) Le manque de clarté sur ce que nous désirons

Des personnes arrivent avec une liste, parfois importante, de choses dont elles désirent se séparer :

- stress, angoisse, blocages etc. Mais elles ne savent pas encore par quoi les remplacer.

Passer par cette étape de clarification, va permettre de donner un but et une direction.

Il m’arrive de recevoir en cabinet des personnes qui souhaitent ne plus éprouver de stress.

Une fois identifié ce qu’elle souhaite : de la détente, du bien être etc.

Il leur est plus facile de le lâcher et d’accéder à de nouvelles ressources.

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2) Les habitudes et automatismes

Les manies, rituels et autres routines que nous avons sont autant d'habitudes, qui à force d’être répétés ont structuré notre cerveau et créé un réseau de câblages. Nous parlons là des synapses qui relient nos neurones entre eux. Une fois les câblages installés, les automatismes et les conditionnements sont créés, nous n’avons plus besoin d’y penser pour réaliser les tâches.

Nous avons des automatismes comportementaux, émotionnels, cognitifs et relationnels.

La conduite en est un bon exemple : rappelez-vous quand vous avez entrepris de passer votre permis, le moniteur d’auto-école vous a appris progressivement les tâches nécessaires :  regarder la route, actionner les pédales, changer de vitesse, regarder dans les rétro etc. petit a petit, vous les avez progressivement mémorisées, une automatisation des gestes s’est réalisée et une fois tout intégré, la conduite n’avait plus aucun secret pour vous !  

 

Ces automatismes, organisés sous forme de processus internes, nous facilitent la vie en offrant une liberté d'action. Ils sont des alliés précieux. Mais ils peuvent également nous emprisonner, car nous ne sommes plus capables de les remettre en cause. 

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- Pourquoi avons-nous tant d'automatismes en nous ?

Pour économiser de l'énergie et du temps car faire un nouvel apprentissage demande une grande mobilisation de notre corps et de notre cerveau, il nous faudrait tout réapprendre en permanence, ce qui serait épuisant et coûteux en plus d’être inintéressant.

Imaginez devoir réapprendre chaque jour à s’habiller, à se brosser les dents, à beurrer nos tartines. Nos automatismes nous facilitent vraiment la vie !

- Pourquoi les automatismes nous empêchent-ils de changer ?

Les automatismes, on l’a dit, sont des facilitateurs de vie mais aussi, si on n’y veille pas, peuvent nous empêcher d’être présents à nous-mêmes. D’où l’intérêt de bien rester connecté à soi-même afin que les automatismes restent à notre service et ne commandent pas notre vie.

Le cerveau va en effet toujours préférer répéter un comportement qu’il connait déjà.

ExemplesImaginons une personne qui, pour faire face à des situations gênantes, stressantes, a pris pour habitude défensive de rire afin de ne pas se sentir blessé.

Cet automatisme peut être protecteur dans certaines situations. Il lui permet de rester en lien avec les autres. Mais il peut également être gênant dans d’autres situations : Imaginez que la personne passe un entretien. Elle doit conserver son sérieux mais par  stress elle éclate de rire.

3) La peur

Plusieurs peurs conscientes et inconscientes peuvent s’activer :

- La peur de revivre sa souffrance d’enfant

- La peur d’échouer

- La peur de l’inconnu

- La peur de mourir

- La peur de revivre sa souffrance d’enfant

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L'enfance est une période décisive dans la construction d'un individu.

Il arrive que durant cette période nous vivions des situations auxquelles nous n’arrivons pas à faire face :

Un adulte qui nous crie dessus, un autre qui nous dit des méchancetés, un camarade qui nous pousse etc. 

 

Les émotions que vont susciter ces situations sont trop intenses pour y faire face, elles sont alors enfouies et provoquent des blocages très gênants dans la vie d'adulte. 

La peur est ainsi un mécanisme de protection qui nous évite de revivre des situations désagréables et pénibles à supporter. C'est un vrai mécanisme inconscient, une protection pour nous éviter de souffrir. 

- La peur d’échouer

Cette peur provoque dans le corps des sensations perturbantes. Des personnes en échec depuis longtemps dans leur vie qui n'ont pas eu l’opportunité de tirer le positif de ces situations, fuient dans l’évitement. Ainsi démotivées, elles répètent cet échec. 

ExemplesImaginons une personne qui lors de ces premiers entretiens professionnels a eu des mauvais retours de la part des recruteurs. Elle peut développer une aversion face à l’idée de changer de travail sans faire le lien avec sa peur d’échouer à l’entretien.

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- La peur de l’inconnu

C’est une des peurs fondamentales de l'être humain.  Nous avons facilement tendance à répéter ce que nous connaissons et ce à quoi nous sommes habitués, la raison principale est que cela nous sécurise. 

La personne a peur de faire face à une situation dont l’issue n’est pas prévisible et donc jugée désagréable. Mais L’inconnu fait partie de la vie, il est bon d’apprendre à l'accueillir.

Pour accéder au nouveau, il faut lâcher l'ancien. C’est le fameux lâcher prise.

C'est un vrai processus de deuil. 

Cela demande de faire confiance à la vie et son juste déroulement.

 

Mais, quand on doute de soi, il est parfois peu évident de faire confiance à la vie.

Cela peut demander un vrai travail que d‘accepter que la vie nous fasse grandir. 

Si nous voulons avancer dans la vie, il semble intéressant d’accueillir cette peur paralysante.

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Références :

- Crédit photo, Résister aux émotions : Fannys.fr